jeudi 12 juin 2014

Le dragon dans la vie des Vietnamiens



Le dragon est un animal imaginaire, mais son image est omniprésente dans la vie des Vietnamiens. Animal sacré, il occupe une position particulière dans la culture et les croyances du peuple vietnamien.

Le peuple vietnamien se réclame du Dragon comme ancêtre. Selon la légende, Lac Long Quân, fils du Dragon, anéantit les monstres marins et créa un vaste royaume. Il épousa Au Co, fée de la montagne qui lui donna cent œufs, lesquels donnèrent cent garçons... Cinquante d’entre eux suivirent le père vers la région maritime, le reste se dirigea vers la montagne avec la mère. Le fils aîné fut proclamé roi Hùng, fondateur de la première dynastie royale vietnamienne... Cette légende est à l'origine du proverbe Con Rông, chau Tiên (Fils du Dragon, petits fils de la Fée).  

Sous le régime féodal, le dragon représentait le roi, fils du Dieu, l'autorité suprême, la puissance de la nation. Le mot "dragon" (long en vietnamien) était utilisé pour désigner les parties du corps de l'empereur (par exemple "long nhan" signifie le visage du roi) et ses objets à usage quotidien (ses vêtements de parade brodés d’un dragon, son trône décoré de motifs de dragon...). L'image de cet animal sacré est présente dans tous les édifices de la cour (palais royal, temple dynastique, mausolée, tombeau royal...).

Le dragon à travers les époques
L'image du dragon se transforme à travers les dynasties, selon les critères esthétiques à chaque époque. La dynastie des Ly (1010-1225) pose les bases de la culture féodale vietnamienne. Le bouddhisme se répand et Van Miêu (Temple de la Littérature), la première université féodale, ouvre ses portes. Le mince dragon qui découle de cette période représente le roi et est le dragon de la littérature. Son corps arrondi forme de longues courbes s'effilant graduellement vers la queue. Son dos est orné de façon ininterrompue de petites nageoires régulières. La tête, redressée, possède une longue crinière, des yeux proéminents, une moustache pointant vers l'avant, mais pas de cornes. La mâchoire est grande ouverte, à l'intérieur de laquelle se trouve toujours un châu (joyaux), symbole d'humanité, de noblesse et de savoir. Les jambes sont courtes et fines, avec habituellement trois griffes à leur extrémité.
  
Le dragon de la dynastie des Trân (1225-1400) est semblable à celui de la dynastie des Lý mais devient plus intrépide. Il se pare de nouveaux détails : des bras et des cornes. Sa tête majestueuse arbore une moustache plus courte. Son corps courbe est plus gros, mais toutefois plus fin au niveau de la queue. Il existe plusieurs sortes de queues (droite et pointue, en spirale) tout comme  plusieurs types d'écailles (une demi-fleur aux pétales rondes régulières, une écaille légèrement courbe). Ce dragon symbolise les arts martiaux, les rois de cette dynastie étant des descendants d'un commandant mandarin. À cette époque-là, il faut savoir que les Vietnamiens ont à combattre les envahisseurs mongols.

Durant la dynastie des Lê (1428-1788), du fait de l'expansion du confucianisme, le dragon vietnamien est davantage influencé par le dragon chinois. Contrairement à ceux des dynasties précédentes, les dra-gons de cette époque-là ne sont pas seulement représentés dans des positions sinueuses entre des nuages. Leur corps ne présente plus que deux grandes ondulations. Ils sont majestueux, avec des têtes de lions. Un large museau remplace leur moustache. Leurs pieds possèdent cinq griffes acérées.

Sous la dynastie des Nguyên (1802-1945), le dragon est représenté avec une queue en spirale et une longue nageoire. Sa tête et ses yeux sont larges. Il possède les cornes d'un cerf, un museau de lion, des canines développées, une moustache courbée et des écailles régulières. Les dragons représentant le roi possèdent cinq griffes, les autres quatre. Il est personnifié par exemple dans l'image de la mère avec ses enfants.

Le dragon dans la vie populaire
Le dragon est non seulement le symbole de la noblesse, du pouvoir suprême, mais encore une image familière de la vie populaire. Dans tous les villages et hameaux figurent des images du dragon abondantes et variées. Les maçons ont orné les temples, pagodes et maisons communales de reliefs, gravures, sculptures de dragon... Les céramistes ont embelli aussi leurs produits (vases, bols, assiettes...). Le dragon est présent également dans les fameuses images populaires du village de Dông Hô (province de Bac Ninh, Nord). Pendant les fêtes villageoises, la danse du dragon est souvent interprétée à la maison communale.

Un détail à préciser concernant le dragon dans la vie populaire : l'État féodal a imposé des règles stricts sur l'utilisation du symbole du dragon pour distinguer le dragon de la cour royale et celui de la vie populaire. Par exemple, de l'époque de la dynastie des Lê et des seigneurs Trinh (1533-1788) jusqu'à l'époque des Nguyên (1802-1945), seuls le roi et le prince héritier avaient le droit de porter l'image du dragon à cinq griffes. Le dragon qui orne les constructions architecturales populaires (temples, pagodes, maisons communales) avait trois ou quatre griffes. 

 Le dragon ne sert pas seulement à décorer les constructions architecturales ou à figurer dans les œuvres d'art. Il revêt en effet une signification plus profonde dans la vie et la croyance des Vietnamiens vivant de la riziculture. Pour les paysans vietnamiens, le dragon est le symbole du yang, principe de vie et de croissance, il apporte la pluie, essentielle pour l'agriculture. Le dragon est intimement lié au climat et à l'eau. Il est capable de changer le climat et est responsable des récoltes. Le dragon a d'ailleurs tendance à vivre dans ou à proximité de grandes étendues d’eau : fleuves tumultueux, au fond des océans ou au cœur des gros nuages. Ainsi, l’on peut contempler partout l'image du dragon avec des nuages ou de grandes vagues. Le dragon existe aussi dans la littérature, le langage de l'homme. Ainsi, de nombreux proverbes et chansons populaires vietnamiens le mentionnent. On peut citer : "Rông gap mây" (Le dragon rencontre les nuages) : se dit d'une condition favorable ; Dâu rông duôi tôm (Une tête de dragon, une queue de crevette) : qui commence bien mais termine mal ;  «Rông dê nha tôm» (Le dragon visite la maison de la crevette) : compliment utilisé par un hôte envers son invité ; «An nhu rông cuôn, noi nhu rông leo, lam nhu meo mua» (Manger comme le dragon défile, parler comme le dragon grimpe, travailler comme le chat régurgite) : critique adressée à quelqu'un qui mange trop, parle beaucoup et est fainéant.

Dans l'ensemble du pays, il y a de nombreux toponymes relatifs au dragon : capitale Thang Long (Dragon prenant son essor) - ancien nom de Hanoi, baie d'Ha Long (Le Dragon descendant), le pont de Hàm Rông (Mâchoire du Dragon), le delta du Mékong ou des neufs dragons (la partie du fleuve Mékong passant à travers le Vietnam et comprenant neuf bras nommés Cuu Long, lesquels représentant autant de dragons)

mardi 3 juin 2014

Danse avec les dieux



Après avoir avoir manqué de disparaître durant les années 1970, l’art sacré des danseuses Apsara du Cambodge est aujourd’hui en pleine renaissance grâce aux efforts gouvernementaux et aux nouveaux débouchés offerts par le tourisme.

 « Lorsque j’avais neuf ans, ma grand-mère m’a conduit au Palais pour me présenter à la Reine et je suis devenu l’une des danseuses du Ballet royal du Cambodge ! » se souvient Sam Sathya, professeur à l’école des Beaux Arts de Phnom Penh. « Durant le régime Khmer rouge, alors que j’étais forcé de travailler dans les rizières, je continuais à répéter, en cachette, les mouvements des chorégraphies.C’est la danse qui m’a sauvé car j’espèrais, plus que tout, la voir revivre et je ne voulais pas disparaître avec elle ». En 1975, les artistes, et particulièrement ceux du palais, furent en effet, avec les militaires et les fonctionnaires, les premières victimes de la barbarie des Khmers Rouges car ils étaient le symbole de la royauté et du divin pour les maoïstes ultra-radicaux. On considère que durant les quatre années noires du régime autoritaire, 90% des danseuses, des professeurs et des musiciens de l’ancienne cour royale furent ainsi exécutés ou décimés par la famine. Réduisant quasiment à néant, en une fraction de siècle, plus d’un millénaire de raffinement et de spiritualité

Au Cambodge plus qu’ailleurs, l’art de la danse est en effet un art sacré qui puise ses racines dans la longue histoire du royaume. Savant autant que sensuel, le ballet khmer constitue dans sa forme originelle un langage symbolique, message de pouvoir et de respect adressé par le roi, incarnation de Shiva sur la Terre, aux Dieux et aux ancêtres. Ballerines autant que déesses, artistes autant qu’émissaires, les Apsaras dansaient autrefois pour la prospérité du peuple khmer. Inscrite en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, la danse classique khmère constitue un héritage national révéré par les Cambodgiens autant qu’un art dont la finesse force l’admiration internationale. Depuis une vingtaine d’années, la danse classique khmère renaît ainsi peu à peu de ses cendres. La fille aînée du roi Norodom Sihanouk, la princesse Bopha Devi, contribua pour beaucoup à cette résurrection. Danseuse-étoile renommée, elle fut chargée par son père, en 1991, de reconstituer le Ballet royal d’autrefois.

Aujourd’hui, le gouvernement cambodgien emploie environ deux cents danseuses d’État qui donnent deux ou trois représentations par mois à l’occasion des visites officielles et des inaugurations ainsi qu’une dizaine de spectacles par an à l’étranger. « Si le ballet a pratiquement retrouvé sa magnificence d’autrefois, notre art reste fragile car  nous manquons cruellement de fonds et de moyens… » déplore ainsi Proeung Chhieng. «La rémunération des artistes est dérisoire et les costumes reviennent tellement chers. » Cousues au plus prêt du corps à chaque représentation, les tenues de velours et de soie coûtent en effet entre 700 et 1400 euros pièce et ne peuvent être utilisés qu’une trentaine de fois. Intégrées à de petites troupes privées, les danseuses donnent des spectacles dans les hôtels prestigieux du pays et profitent ainsi directement du boom touristique national. Les déesses d’hier participent même aujourd’hui à d’impressionnants spectacles son et lumière. Les Apsaras y perdraient-elles leurs âmes ? Voire. Mais leur survie est probablement à ce prix. Et la démocratisation des spectacles n’enlève rien à leur magie. « Dans le futur, j’espère que notre art, longtemps réservé à l’élite, sera rendu plus accessible au peuple cambodgien…» souhaite ainsi Proeung Chhieng. Les danseuses sacrées tiendraient ainsi leur revanche ? Celles qui vivaient jadis recluses et ne se produisaient que pour les Dieux et le Roi, sont aujourd’hui les reines de grands spectacles destinés aux voyageurs étrangers et, pour l’instant, aux khmers les plus fortunés. Après le temps des loups, les aspsaras peuvent, à nouveau, danser avec les Dieux. Mais pour le peuple. Et les touristes.

mardi 27 mai 2014

Dans la vie des Hmong



Rizières en terrasses à perte de vue, nature verdoyante et costumes traditionnels colorés, les villages autour de Sa Pa plongent le visiteur dans un autre univers. Voici une excellente extension que l'on propose lors du circuit "Essentiel du Nord Vietnam". Si le voyage vaut le détour, il se mérite et nécessite un long périple depuis Hanoi.

Sa Pa, village touristique du Vietnam, culmine à 1.500 mètres d’altitude dans une ambiance montagnarde de station de ski, la neige en moins. Jadis isolé, les autorités coloniales françaises y fondèrent un poste militaire et une mission catholique durant le XXe siècle. Pour s’y rendre, il faut s’armer de patience et emprunter le train de nuit : 12h00 à l’aller, départ de Hanoi, direction Lào Cai dans le Nord. Une fois sur place, un bus permet de rallier le village en une heure environ.

 Il faut quitter Sa Pa et son marché pour apprécier les paysages alentours. Sur place, Su, membre de l’ethnie H’Mông joue les guides. Elle entraîne les visiteurs à travers les montagnes et des paysages splendides pour rallier sa maison située au beau milieu des rizières que l’on atteint en jouant les équilibristes, le tout en croisant au passage des «Buffalo» comme elle les appelle. Soit deux heures de marche pour le «easy way» et quatre pour le «hard way» comme elle dit. Cette petite femme rieuse dotée d’une dent en or et vêtue du costume traditionnel pratique cette activité depuis deux ans dans un anglais plutôt correct appris sur le tas au fil des rencontres.


Su partage ainsi sa vie, le temps d’une journée ou plus, avec ceux qui le souhaitent. Dans sa maison, située à Lao Chai, pas de cuisine aménagée, pas de salle de bain mais un retour aux sources et à une vie simple. Deux planches au dessus d’une rivière en guise de toilettes et un feu pour préparer le repas. Devant la porte d’entrée les petits cochons, curieux, s’agglutinent en grognant, pendant que le coq parade fièrement. Un confort spartiate qui contraste avec les programmes diffusés à la télévision, un des rares objets qui orne le salon

 Au menu chez Su : un repas en famille avec ses trois enfants et son mari. «J’habite dans cette maison depuis deux ans, avant, je vivais chez mon beau-frère juste dans la maison d’à côté. J’ai deux filles et un garçon, selon la tradition, je dois encore avoir un garçon», explique la jeune femme de 35 ans


 Le lendemain, visite du village avec bien sûr les traditionnelles boutiques pour touristes avec des sacs faits mains et des objets taillés dans la pierre… La journée se poursuit par une nouvelle marche à travers les rizières et les montagnes parsemées de petites rivières et de cascades. En marchant, notre guide revient sur les traditions de son ethnie : «Avant, le mariage arrangé était pratiqué, mais certaines femmes avalaient des plantes toxiques pour se suicider car elles n’aimaient pas leur mari. Maintenant, les choses ont changé et nous sommes libres de choisir la personne avec laquelle nous ferons notre vie». Après le déjeuner, cette épopée d’un autre temps se termine par un retour en moto vers Sa Pa, et déjà il faut dire au revoir à cette nature encore préservée pour retrouver l’agitation de la ville.

vendredi 23 mai 2014

Dans la peau de l'agriculteur



Rouler sur des chemins ombragés, contempler les rizières infinies et les jardins luxuriants, accompagner les agriculteurs dans leurs activités quotidiennes... La commune de Yên Duc (province de Quang Ninh) n’a pas fini de séduire les touristes étrangers. Les voyageurs étrangers sont toujours plus nombreux à se rendre dans la commune de Yên Duc, district de Dông Triêu, province de Quang Ninh (Nord) pour vivre une expérience dans un village typiquement vietnamien

 «De nombreux groupes y séjournent de deux à trois jours. Ils participent aux activités quotidiennes des habitants locaux, comme le repiquage du riz, le décorticage du paddy et la pêche au filet», partage Nguyên Thê Biên, secrétaire de l’organisation du Parti de la commune de Yên Duc

Nguyên Thi Hai, vice-présidente du Comité populaire de Yên Duc, explique : «Notre commune est une localité typiquement agricole. On y trouve des mont en pierres et de belles grottes aux noms caractéristiques de la civilisation du riz inondé du Vietnam : monts Canh, Dông Thoc (tas du paddy), Con Chuôt (souris), Con Mèo (chat), grotte 73, pagode Canh Hông...». Puisque la commune de Yên Nghia se situe sur l’axe routier reliant la ville de Ha Long (Quang Ninh) à Hanoi, la compagnie de bateaux de plaisance Dông Duong propose à ses clients de s’immiscer quelques jours dans la vie rurale. L’objectif est d’aider les touristes étrangers à mieux comprendre la culture d’un village typiquement vietnamien avant qu’ils ne terminent leur voyage dans la province de Quang Ninh.

Lancé à titre d’essai fin 2011, le séjour à Yên Duc est un produit touristique nouveau et original. Il est devenu le tour officiel de Quang Ninh

À Yên Duc, les touristes étrangers peuvent pratiquer toutes les activités de travail et de production des habitants locaux. Ils se transforment eux-mêmes en agriculteurs qui barbotent dans les champs pour repiquer le riz, décortiquer le paddy, jeter les filets de pêche, cultiver les légumes à la pioche et les récolter à la main. Après l’effort, le réconfort : les touristes sont invités à goûter les spécialités sur place, dont le khoai lang luôc (patates bouillies) et le ngô luôc (maïs bouillis)

 Des activités artistiques traditionnelles et des jeux populaires attendent les voyageurs dans la pagode Canh Hông. Ces derniers ont l’occasion d’admirer le hat chèo (chant comique), le quan ho (chant alterné) originaire de la province de Bac Ninh (Nord) et une représentation de marionnettes sur l’eau. Ces activités sont interprétées par la troupe artistique communale

David Phillips, un voyageur britannique, raconte : «J’ai vécu des moments magiques dans ce village avec ses habitants accueillants. Le Vietnam dispose d’une culture de tradition familiale où les générations suivantes acquièrent les expériences de production et les comportements de la vie quotidienne nécessaires par les générations précédentes».
Son épouse, Susan Phillips, confie que les agriculteurs vietnamiens lui ont appris à la fois le caractère laborieux mais optimiste du travail, et l’air dégagé et l’attitude empressée dans les soins de la famille. «Une fois retournée dans mon pays, je raconterai à mes ami(e)s mon séjour dans la ville de Ha Long et mes expériences dans le village de Yên Duc. Je souhaite revenir encore une fois dans ce pays pour en apprendre davantage sur les traits culturels typiques du Vietnam», dit-elle

Les habitants de Yên Duc contribuent à l’organisation de ce séjour pour les touristes car cette activité touristique les aide à améliorer leur revenu, crée des emplois et sensibilise à la préservation et à la promotion du trait culturel original du village Viêt. Les habitants locaux embellissent ainsi activement leur maison et entretiennent les routes communales.

D’autres provinces et villes du pays ont déjà organisé des séjours similaires, proposant aux touristes de s’immiscer dans la vie rurale comme c’est le cas à Yên Duc. Les premiers séjours ont été lancés dans les provinces du delta du Mékong, où les voyageurs participent aux activités telles que vider l’étang piscicole, pêcher, voguer sur les arroyos, assister à des représentations de don ca tài tu (chant des amateurs du Sud)... Depuis 1999, les touristes étrangers peuvent s’essayer aux activités agricoles pour la journée à Hôi An (province de Quang Nam, Centre). Le modèle a ensuite été repris à Hanoi et dans la province de Ninh Binh. Depuis deux ou trois ans, la ville portuaire de Hai Phong (Nord) organise des tours en pédalo pour admirer les spectacles ruraux alentours.